Comment bien répondre à un test utilisateur (et être payé à chaque fois)

Les réponses qui font valider une mission de test utilisateur, celles qui la font refuser, et une méthode simple pour décrire ce que vous avez vécu au lieu de donner un avis.

5 min de lecturepar earlypanel
En bref
  • Bien répondre n'est pas bien écrire : c'est raconter exactement ce qui s'est passé, hésitations comprises.
  • La méthode en trois temps pour chaque question ouverte : ce que j'ai fait, ce qui s'est passé, ce que j'en pense à cet endroit précis.
  • Une note ou un oui/non doit être suivi d'un pourquoi concret pour être validé.
  • Une capture d'écran à chaque hésitation vaut mieux qu'un paragraphe, surtout sur mobile.
  • Trop court, hors sujet, répétitif, faux ou en retard : les cinq motifs de refus.

Bien répondre à un test utilisateur n'a rien à voir avec bien écrire. Les meilleures réponses qu'on relit sont souvent maladroites, avec des fautes, mais elles racontent exactement ce qui s'est passé. Les pires sont propres, polies et vides : « c'était clair », « bonne expérience », « rien à signaler ». Ce guide explique ce que cherche la personne qui relit votre mission, et donne une méthode en trois temps pour ne plus jamais voir une mission refusée.

Ce que cherche la personne qui vous relit

L'entreprise qui a commandé le test ne veut pas savoir si vous avez aimé son produit. Elle veut savoir si quelqu'un qui le découvre arrive à faire ce qu'il doit faire, et où ça coince. La personne qui relit vos réponses cherche donc trois choses :

  • Des faits. Ce que vous avez fait, dans l'ordre. Sur quoi vous avez cliqué, ce qui s'est affiché, ce que vous attendiez à la place.
  • Des hésitations. Le moment où vous avez cherché, hésité, reculé, relu. C'est l'information la plus précieuse du test, et c'est celle que les testeurs oublient le plus souvent de raconter, par crainte de paraître maladroits.
  • Vos mots. Pas les mots du produit. Si le bouton s'appelle « Générer » et que vous avez pensé « c'est là qu'on envoie ? », écrivez exactement ça.

Une réponse est validée quand elle permet à quelqu'un qui n'était pas là de comprendre ce que vous avez vécu. Elle est refusée quand elle ne le permet pas.

La méthode en trois temps

Pour chaque question ouverte, répondez en trois phrases au moins, dans cet ordre.

1. Ce que j'ai fait. « J'ai cherché comment ajouter une remise. J'ai regardé en bas du devis, puis dans le menu à droite, puis j'ai cliqué sur la ligne du produit. »

2. Ce qui s'est passé. « Un panneau s'est ouvert avec un champ "Réduction" que je n'avais pas vu. Le montant s'est mis à jour tout de suite. »

3. Ce que j'en pense, à cet endroit précis. « J'aurais cherché la remise au niveau du total, pas de la ligne. J'ai perdu une minute à la trouver. »

Ces trois phrases suffisent. Elles disent où vous êtes allé, ce que le produit a fait, et ce que vous attendiez. C'est exactement ce que l'entreprise ne peut pas savoir sans vous.

Les questions fermées et les échelles

Une question « oui / non » ou une note de 1 à 5 se répond en une seconde, mais elle est souvent suivie d'une question ouverte qui demande pourquoi. C'est là que se joue la validation. « 3/5, c'était moyen » sera refusé. « 3/5 : j'ai réussi mais j'ai dû revenir en arrière deux fois parce que le bouton Suivant était caché sous le clavier de mon téléphone » sera validé et probablement bien évalué.

Les captures d'écran

Quand la mission le permet, joignez une capture à chaque endroit où vous avez hésité ou rencontré un problème. Sur mobile, une capture montre en une image ce qu'un paragraphe peine à décrire : un bouton masqué, un texte coupé, un message d'erreur. Prenez la capture au moment du problème, pas après l'avoir résolu.

Ce qui fait refuser une mission

  • Trop court. Un ou deux mots à une question ouverte. Ce n'est pas une réponse.
  • Hors sujet. Un avis général sur le design ou les couleurs quand la question porte sur une étape précise.
  • Répétitif. La même phrase copiée d'une question à l'autre.
  • Faux. Un test visiblement pas fait, ou fait sur un autre appareil que celui déclaré, ou par quelqu'un d'autre.
  • En retard. Une fois la date limite passée, la mission est fermée et ne peut plus être soumise.

Une mission refusée n'est pas payée, le motif vous est envoyé par email, et votre score baisse. Ce n'est pas une punition : c'est ce qui garantit que les testeurs qui font le travail sont sélectionnés en priorité pour les missions suivantes, et mieux rémunérés. Le fonctionnement de la rémunération est détaillé dans combien gagne un testeur d'applications.

Trois habitudes qui font la différence

  1. Faites le test en une fois, au calme, sur l'appareil déclaré. Une mission commencée dans le métro et finie deux jours plus tard donne des réponses incohérentes.
  2. Écrivez pendant, pas après. Répondez à chaque question juste après l'étape correspondante, quand l'hésitation est encore fraîche.
  3. Relisez une fois avant d'envoyer, en vous demandant pour chaque réponse : quelqu'un qui ne connaît pas ce produit comprendrait-il ce qui m'est arrivé ?

Si vous appliquez la méthode en trois temps, vos missions seront validées, bien évaluées, et vous serez sélectionné plus souvent. C'est aussi simple que ça, et c'est aussi exigeant que ça.

Questions fréquentes

Comment bien répondre à une question ouverte dans un test utilisateur ?

En au moins trois phrases : ce que vous avez fait, ce que le produit a fait, ce que vous attendiez à cet endroit précis. Décrivez les hésitations plutôt que de donner un avis général.

Pourquoi ma mission a-t-elle été refusée ?

Le plus souvent parce que les réponses étaient trop courtes, hors sujet ou copiées d'une question à l'autre. Une mission visiblement pas faite, faite sur un autre appareil que celui déclaré ou soumise après la date limite est aussi refusée.

Faut-il joindre des captures d'écran ?

Oui, quand la mission le permet, à chaque hésitation ou problème, prise au moment du problème et non après l'avoir résolu. Sur mobile, une capture montre en une image ce qu'un paragraphe peine à décrire.

Une mission bien répondue rapporte-t-elle plus ?

Oui. Chaque mission validée reçoit une note de 1 à 5 après relecture : à partir de 4, la rémunération de base est majorée de 10 %, à 1 ou 2 elle est réduite de 15 %. Des missions régulièrement bien évaluées font passer le testeur dans des niveaux supérieurs, avec une rémunération de base plus élevée.

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